Site du Réseau Education Sans Frontières du Gard
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MIDI LIBRE - Edition
du 16 Septembre 2007
Mobilisation pour le pizzaïolo
grandcombien
" Cet été, une grande partie de la population grandcombienne
s'est mobilisée pour éviter au pizzaïolo Walid Zaytoun une expulsion du sol
français. Hier matin encore, sur la place principale de La Grand-Combe, où le
kiosque à pizza de Walid trône toujours, le comité de soutien au commerçant a
évoqué lors du marché sa lutte, la pétition lancée, ses 995 signatures, et les
53 attestations de Grandcombiens soulignant l'intégrité du pizzaïolo.
Cette mobilisation est partie de clients du kiosque à pizza dont fait partie
Martine Mosimann. " Walid, c'est un jeune homme sympathique, très doux,
sensible et instruit car il a eu une licence de lettres en Egypte. (...) Un
soir de juillet, il m'a dit "madame, il m'arrive quelque chose de
terrible". "
Le pizzaïolo montre alors l'arrêté refusant le renouvellement de son titre de
séjour assorti d'une obligation de quitter le territoire français (l'expulsion
va être finalement décidée ou non jeudi prochain). Il faut savoir que Walid
Zaytoun, Egyptien, a depuis 2004 une carte de résident... non renouvelée.
Et c'est donc début juillet que tout s'est accéléré. En voyant l'arrêté,
Martine Mosimann a décidé de s'impliquer et s'est rendue avec Walid à la mairie
de La Grand-Combe. Le maire, Denis Aigon, a envoyé de son côté un courrier le 9
juillet au Préfet du Gard pour plaider la cause de Walid. Sans réponse
depuis... Martine Mosimann et d'autres Grandcombiens ont sollicité alors les
associations impliquées dans le dossier des expulsions : la Cimade, Réseau
éducation sans frontières, la Ligue des droits de l'homme.
Et c'est au moment où la mobilisation s'est mise en place que Walid Zaytoun a
disparu mi juillet. Depuis, personne ne sait où il se cache et s'il va se
rendre à Nîmes le 20 septembre pour connaître son sort.
Selon la version la plus entendue à La Grand-Combe, le pizzaïolo s'est caché,
de peur de voir débarquer les gendarmes à son domicile... Une chose est
certaine : cet été, les Grandcombiens ne l'ont pas oublié. " Pour nous, ce
n'est pas un étranger mais un commerçant. Il est régulier dans la qualité de
son travail, intégré, intègre. Ici, il manque des jeunes qui font des choses.
(...) Pour le citoyen lambda, le fait de perdre une personne qui fait partie de
son environnement social est traumatisant. "
A La Grand-Combe, beaucoup d'habitants s'interrogent sur la politique
d'immigration du gouvernement. " Certains ont peur et se demandent si leurs
papiers sont bien en règle. Le climat actuel est insupportable ", souligne
Martine Mosimann, satisfaite toutefois d'avoir pu mobiliser autant, elle, la
simple citoyenne. Désormais, elle souhaite prolonger son engagement en
s'impliquant dans la vie associative. Pour s'occuper d'autres cas similaires à
celui de Walid Zaytoun."
Yan BARRY